Transformation numérique des OF : où en est-on ? (VisualHunt.com / CC0 1.0 Universal)

Transformation numérique des organismes de formation : où en est-on ?

Le janvier 23, 2017
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A la demande de la branche des organismes de formation, une étude[1] a été réalisée en 2016 afin d’identifier les impacts du numérique sur les métiers et les compétences de ce secteur professionnel. Comment la digitalisation est-elle perçue par les salariés et les dirigeants d’organismes ? Quel est le degré d’intégration du numérique dans les pratiques et outils d’apprentissage et de gestion de la formation ? La digitalisation des formations répond-elle aux attentes des commanditaires ? Quelles sont les conséquences de ces évolutions sur les stratégies des organismes de formations et leurs métiers ? Autant de questions auxquelles cette étude apporte des réponses…

Le numérique offre de multiples opportunités aux organismes de formation

Performance accrue en termes de gestion de l’activité, nouveaux canaux de prospection commerciale, travail collaboratif facilité, diversification des méthodes, outils et supports pédagogiques… Les impacts de la digitalisation se mesurent à tous les niveaux, qu’il s’agisse de la formation elle-même, du développement de l’organisme, de l’organisation administrative et logistique des actions ou du fonctionnement interne.

Il ressort ainsi de l’étude que 48 % des organismes de formation interrogés réalisent déjà une part de leur chiffre d’affaires via des formations digitales (e-learning ou blended-learning) et 72 % d’entre eux proposent des formations présentielles comprenant l’utilisation d’outils numériques. La quasi-totalité des organismes (91 %) dispose d’un site internet et 75 % sont présents sur les réseaux sociaux (en particulier LinkedIn et Facebook). Si les outils numériques sont fortement mobilisés pour les fonctions marketing et pour la gestion administrative et logistique des formations, peu d’organismes (moins d’un quart des prestataires interrogés) commercialisent leurs formations en ligne. Ils sont en revanche près de 2/3 à utiliser des outils de stockage et de partage de fichiers ou des outils d’organisation collaborative.

[1] Étude réalisée à la demande de l’Observatoire prospectif des métiers et des qualifications (OPMQ) de la branche des organismes de formation par le Cabinet Ambroise Bouteille et Associés auprès de 419 responsables d’organismes de formation et de 348 formateurs.

Cartographie des usages et outils digitaux OF

Cartographie des usages et outils digitaux OF

La transformation numérique est perçue comme irréversible

Ces évolutions ont bien sûr des impacts sur l’ensemble des fonctions et des métiers du secteur et donc sur les compétences des salariés de la branche. Pour plus de 2/3 des responsables d’organismes de formation et des formateurs interrogés, la digitalisation de la formation est irréversible. Cependant, ils partagent la conviction que ce type d’approche pédagogique n’est pas adaptée à tous les apprenants, ni à toutes les thématiques. Tous sont également conscients que la digitalisation a des effets importants sur leurs besoins en compétences.

A titre d’exemple, il est nécessaire que les personnes en charge des formations ou de l’accompagnement des stagiaires maîtrisent les outils de formation digitale et les différents environnements techniques (LMS – learning management system). Pour les collaborateurs en charge du développement, la maîtrise des usages des différents canaux de communication digitale, des techniques de webmarketing, d’acquisition de trafic ou des outils d’analyse d’audience semble incontournable. Quant aux fonctions supports, elles sont tenues de bien connaître les TIC (technologies de l’information et de la communication), les différents applicatifs mis en place et de faire preuve d’une grande adaptabilité face aux changements de méthodes ou d’outils. La direction et le management de l’organisme sont aussi fortement impactés par la digitalisation : nécessité de repenser la stratégie de l’offre, d’adapter le « business model », d’accompagner le changement au sein de l’entreprise…

Certains freins à la digitalisation doivent encore être levés

Des freins internes à la digitalisation persistent encore dans les organismes de formation, comme dans d’autres secteurs d’activité : le manque de temps tout d’abord, en particulier dans les petits organismes, ainsi que les investissements nécessaires à la mise en œuvre des projets. Mais aussi l’insuffisance de compétences pour créer ou animer des formations digitales ou, plus généralement, l’insuffisance de compétences numériques dans l’équipe. Pour accompagner les entreprises et les salariés des organismes de formation dans ces évolutions, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux ont mis en place différentes mesures d’accompagnement : sensibilisation des professionnels du secteur aux opportunités de la digitalisation, soutien à la transition numérique, facilitation de l’accès à la formation et à l’acquisition de nouvelles compétences…

Un accompagnement qui semble d’autant plus nécessaire que les commanditaires, en particulier les grandes entreprises, s’orientent vers une augmentation des demandes de formations à distance et digitalisées. Avec plusieurs objectifs : recherche d’une optimisation des coûts, individualisation / personnalisation croissante des actions (tant au niveau des contenus que des modalités de réalisation), renforcement de l’évaluation des acquis et apports de la formation…

Formations à distance : un financement facilité depuis la loi du 5 mars 2014

La Réforme 2014 de la formation professionnelle (Loi du 5 mars et décret du 20 août 2014) a facilité la prise en charge, par les organismes paritaires et publics (OPCA, OPACIF/Fongecif, Conseil régional, Pôle emploi…), des formations ouvertes ou à distance (FOAD). Ces textes ont en effet précisé les justificatifs qui peuvent être pris en compte par les financeurs pour établir l’assiduité d’une personne lors d’une formation à distance : ainsi, les traditionnels « relevés de temps de connexion » peuvent désormais être remplacés par des justificatifs de réalisation des travaux demandés aux stagiaires, des données sur le suivi de l’action, l’assistance et l’accompagnement du bénéficiaire de la formation, ainsi que par les évaluations spécifiques qui lui sont demandées en cours ou en fin de formation. Attention : les programmes de formation doivent être complétés en conséquence.

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